Europe sociale

Nous faisons face à une crise sans précédent de l’Union européenne, et cela pour deux raisons : la première est que, sous l’impulsion notamment du gouvernement britannique de Margaret Thatcher, il y a déjà presque 40 ans, l’Union européenne a choisi une voie purement néolibérale pour son économie. Cette orientation n’a pas été remise en cause bien que son inefficacité ait été prouvée lors des crises de ces dernières décennies. Cela est aggravé par l’habitude des gouvernements, sous la pression des lobbies, de préparer des nouveaux traités sans consulter les citoyens européens.

Dans cette situation, nous voulons remettre de la démocratie dans l’Europe, en proposant à nos partenaires une démarche citoyenne pour revoir ensemble le traité actuel. Il s’agit notamment de changer l’équilibre des pouvoirs entre les institutions au détriment de la Commission, non élue, et au profit du Parlement européen, organe élu qui actuellement n’a ni le pouvoir de proposer des décisions de l’Union européenne (directives et règlements), ni le dernier mot en matière budgétaire. Nous proposons aussi par exemple que l’UE ait ses propres ressources et ne dépende pas pour son budget des États membres et de leurs coalitions aléatoires créées par des intérêts nationaux égoïstes. Il s’agit là de pistes que nous proposons, et bien entendu le résultat dépendra de ce qu’en penseront les représentants des citoyens qui devraient, en assemblée constituante, écrire le nouveau traité selon des modalités à définir avec nos partenaires.

nos propositions

Ce processus prendra du temps, probablement plusieurs années, et c’est pourquoi nous proposons d’avancer avec le traité actuel sur nombre de sujets sur lesquels il y a urgence et qui bénéficieront au citoyen européen :

  • La possibilité pour les citoyens de donner régulièrement leur point de vue sur les évolutions souhaitables des politiques européennes, avec un processus collaboratif qui permettrait à des « assemblées citoyennes » de rédiger des propositions après avoir auditionné des experts, associations, collectifs etc. et organisé des ateliers thématiques mobilisant tous les citoyens intéressés, via une « assemblée européenne de citoyens » au niveau communautaire.
  • Le développement de l’Europe sociale, avec des critères de convergence économique et de convergence sociale sur des sujets tels que l’emploi, la pauvreté, le logement, l’égalité des chances et une réelle solidarité avec le Sud.
  • La mise en place de grands projets européens dépassant largement le cadre purement technologique, avec notamment des projets dans le secteur de l’environnement, des sciences sociales, de l’agriculture, de l’éthique des sciences du vivant et de l’identification des meilleures stratégies d’aide au développement.
  • Un grand projet pour sauver le climat, en particulier en mettant en œuvre un système de subventions directes de la Banque Centrale européenne pour financer les économies d’énergie des particuliers et des PME, en taxant les produits et services nuisibles au climat, et en pénalisant les importations venant de pays qui ne mettent pas en œuvre les accords de la COP21. Nous estimons que la BCE pourrait distribuer pour ce projet 1 000 milliards d’euros aux citoyens en 5 ans.
  • Plusieurs réformes pour assurer la sécurité des citoyens européens, en transférant au niveau européen la surveillance des frontières terrestres et maritimes, en accélérant la mise en place de l’Europe de la défense, et en créant un organisme d’investigation européen analogue au FBI américain pour lutter contre le grand banditisme, les trafics transfrontières, et le terrorisme
  • Une réforme ambitieuse de la politique agricole commune (la PAC) pour soutenir principalement les exploitations qui produiront une nourriture saine dans des conditions respectueuses de l’environnement
  • Un encadrement des pratiques fiscales des pays européens pour à la fois éviter le dumping fiscal et favoriser fiscalement les produits dont le mode de production et d’acheminement respecte l’environnement, mais aussi les normes sociales établies par l’Organisation internationale du travail (respect des normes sociales et environnementales), comme cela se fait par exemple en Suède.
  • Une politique d’accueil des réfugiés conforme au droit international et la mise en œuvre d’un véritable pacte européen de l’immigration et de l’asile, en liaison avec réelle politique étrangère commune.
  • Un modèle de co-développement fondé sur la participation active des populations concernées.