Transition démocratique, écologique et économique

Une réforme des institutions pour faire de la politique autrement et remettre le citoyen au cœur du jeu démocratique

Lecture 1 (transcription audio de l’introduction)

Pourquoi

Nos institutions et notre démocratie ne fonctionnent pas correctement. Nous sommes face à une crise de la représentativité républicaine et à une rupture de confiance entre nos élus et leurs électeurs, en raison de comportements clientélistes et non garants de l’intérêt général, voire dans certains cas de l’utilisation de leur charge à des fins délictueuses. Ce constat est partagé par une majeure partie de la population qui, de ce fait, soit se détourne de la politique, soit est tentée par un vote contestataire de renouvellement de la représentation politique, quitte à ce que celle-ci soit extrémiste.

Autre constat, nos institutions ne permettent pas aux citoyens d’être formés à l’apprentissage de la vie publique et de participer pleinement à celle-ci. Il n’existe actuellement en France aucun espace public où les citoyens pourraient participer à la délibération sur des décisions qui les concernent directement. Un nombre croissant de jeunes se posent des questions existentielles fortes, nourries par le sentiment épuisant de ne pas avoir de prise sur leur avenir. Il devient essentiel de leur permettre de s’exprimer pleinement en tant que citoyens. Il est donc fonda­mental que les citoyens de tout âge et de toute catégorie sociale puissent reprendre la main sur leur vie, sur la politique.

Enfin, les caractéristiques de l’État de droit, dont doit se prévaloir tout régime politique garant des libertés publiques, sont abîmées par les pratiques politiques et institutionnelles actuelles. La séparation des pouvoirs est inaboutie, avec un pouvoir judiciaire encore sous influence du pouvoir exécutif, des dispositifs relatifs aux lanceurs d’alerte améliorables, ainsi que l’existence d’un lobbying auprès des élus peu encadré et influant malheureusement nombre de dispositions législatives, au détriment de l’intérêt général.

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Lecture 2 (transcription audio audio du texte « comment »)

Une transition écologique de l’ensemble des activités humaines pour assurer à nos descendants, face aux défis des ressources et du climat, une société stable et un avenir plus serein au sein d’un monde naturel préservé

Lecture 3 (transcription audio de l’ensemble de la deuxième partie)

Que ce soit en matière d’usage des ressources naturelles (eau, sols, matières premières, matériaux stratégiques), de pollutions, de biodiversité ou de changements climatiques, les voyants passent au rouge les uns après les autres. Le système économique financiarisé dominant, basé sur une croissance perpétuelle et désormais mondialisé, implique la transgression des limites et l’intensification exponentielle de notre empreinte écologique, dans un monde désormais non soutenable, en équilibre instable sur une dette écologique inédite dans l’Histoire.

Alors que le temps de l’abondance généralisée fait place à celui des raréfactions, et que celui des pénuries se prépare, à l’heure où la dégradation environnementale atteint déjà le point de non-retour dans nombre d’endroits sur Terre et où l’emballement de la machine climatique est hors de contrôle, notre quête collective effrénée d’accumulation et l’obsession de nos élites pour des intérêts privés à court terme doivent cesser si nous voulons pouvoir vivre décemment ensemble dans les prochaines décennies et au-delà. Il nous est impératif de réorienter nos modes de vie, de production et de consommation, et de repenser notre rapport au vivant (à l’autre, y compris au non humain, qu’il soit ici où ailleurs) et notre relation à l’avenir.

Nous avons conçu un grand programme national de transition écologique, impliquant les acteurs de tous les secteurs économiques et proposant des évolutions qualitatives et quantitatives dans nos vies personnelles et dans nos activités collectives. L’objectif est bien de réinventer l’économie pour permettre au plus grand nombre un épanouissement raisonné, respectueux de l’intérêt général et de la nature, et viable sur le long terme. Notre ambition est de permettre un foisonnement de bonnes entreprises au sein des territoires et de promouvoir les pratiques compatibles avec une économie écologiquement et socialement durable, donnant naissance à une société plus authentique et moins vulnérable vis-à-vis des chocs qui se font de plus en plus probables à mesure qu’on diffère les prises de conscience.

De plus, notre société devra devenir moins prédatrice du monde naturel, par un allègement de la pression que l’humanité exerce sur le monde animal et une réinvention bienveillante du rapport que la société entretient avec les animaux.

En effet, nous nous trouvons aujourd’hui face à nos responsabilités de citoyens dans un contexte d’exploitation à la fois de plus en plus brutale pour les animaux et de plus en plus aliénante pour les travailleurs. La condition animale est un problème politique à part entière car c’est la préfiguration de notre propre condition. La violence avec laquelle nous traitons les animaux est le reflet de la société dans laquelle nous vivons. Le respect ou l’indifférence que nous leur réservons sont à l’image de ceux que nous accordons à nos semblables. Pour un avenir désirable et paisible, nous devons reconnaître notre responsabilité envers eux et ne plus différencier les causes en suivant une ligne de faille humain/non-humain abusive. Car entre la lutte pour la condition humaine et celle pour la condition animale, il y a un continuum de convictions. Quand on s’indigne et se mobilise face aux oppressions et aux souffrances, l’intégrité morale dicte d’incorporer à ses luttes tous les animaux.

Il s’agit pour nous de réinventer le rapport de l’homme à la nature et d’ouvrir la voie vers des logiques de production et de consommation à même d’alléger la pression que l’humanité exerce sur le monde animal. Loin de constituer un horizon austère, c’est au contraire une démarche d’émancipation, de cohérence et d’harmonie qui s’avère indispensable pour sortir de l’impasse où les dérives de l’anthropocentrisme, l’avidité de quelques-uns et l’esprit de démesure ont conduit l’ensemble du vivant.

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Au cœur du programme, la refonte de notre modèle social et économique avec le partage du temps de travail, la reconnaissance par un salaire de la production de valeur de chaque citoyen et la priorité donnée à la préservation de notre environnement

Lecture 4 (transcription audio de l’ensemble de la dernière partie)

Notre économie capitaliste est fondée sur l’accumulation des profits qui suppose croissance et productivisme.

Cette course effrénée à la croissance s’est traduite par une consommation accélérée des ressources naturelles non renouvelables (énergies fossiles, métaux et minéraux) et une dégradation de notre environnement (effet de serre, qualité de l’air, pollutions diverses…).

Tant que la croissance a été forte (trente glorieuses), elle a permis d’assurer à la fois un niveau de profits élevé, le financement de notre modèle social et une croissance relative du « pouvoir d’achat » du plus grand nombre.

Le ralentissement inexorable de cette croissance depuis les années 1970 détruit cet équilibre : pour maintenir des profits élevés, pour permettre le versement de dividendes à deux chiffres (63,4 Mds d’euros en 2014, soit à peu près 13% de la part de ces entreprises dans le PIB), on réduit les investissements, la protection sociale, les acquits sociaux, le pouvoir d’achat* avec pour corollaire un chômage de masse, favorisant le chantage à l’emploi et une régression sociale généralisée.

Le chômage est un phénomène bien plus massif que ce que nous montrent les seuls chiffres officiels puisque, en plus des trois millions de personnes considérées comme chômeurs en France, il faut ajouter les deux autres millions de personnes inscrites à Pôle emploi, ainsi que chaque année les cinq cent mille chômeurs découragés qui sortent des statistiques de Pôle emploi sans trouver un emploi (en 2015, selon l’Insee, il y avait près de trois millions de « chômeurs découragés »), sans oublier les trois millions de personnes occupant des emplois précaires (intérim, stages, CDD,…) et des temps partiels subis qui oscillent entre emploi et chômage.

Ainsi, notre système économique n’est plus capable de donner un emploi à tous alors que, pour avoir sa place dans ce système, il faut avoir un emploi.

Le chômage de masse et la précarité constituent des fléaux économiques, politiques et sociaux impactant désormais toutes les catégories socioprofessionnelles et en priorité les catégories populaires, créant un climat d’insécurité sociale dont les répercussions tant politiques que sociales menacent le processus démocratique.

Les conséquences sont nombreuses :

– Perte de pouvoir d’achat. Si la situation de chômage se prolonge et si le ménage a souscrit des crédits, la perte de revenu peut conduire au surendettement, à une procédure de recouvrement, à la saisie des biens et à terme à l’expulsion. De même, le manque de travail stable (c’est-à-dire de CDI) empêche l’individu d’obtenir un crédit bancaire.

Perte du lien social et dégradation de la santé. L’activité professionnelle étant le pilier central de l’identité et du statut social du salarié, le chômage provoque la perte du réseau nécessaire à la satisfaction des besoins d’appartenance. Ainsi, le statut de chômeur, tout comme la précarité, influencent souvent négativement l’image et l’estime de soi, risquant de provoquer un affaiblissement voire, pour les personnes les plus fragiles, un effondrement de leur personnalité et de perturber l’équilibre de la vie familiale. Enfin le chômage de longue durée apparaît comme l’une des causes principales de l’exclusion sociale. Toutes ces situation peuvent être à l’origine de pathologies plus ou moins graves (insomnie, stress, dépression, cancer, etc.) voire de cas de suicide.

Hausse de la délinquance et de la criminalité. Confrontés à la difficulté d’obtenir des diplômes et donc de trouver un emploi (car aujourd’hui, sans diplôme, l’obtention d’un emploi stable est quasi-impossible), les jeunes issus de milieux défavorisés peuvent facilement basculer dans la délinquance, d’autant qu’ils sont souvent stigmatisés à l’embauche, ce qui renforce encore les difficultés d’insertion professionnelle. La plupart des condamnés pour vols, trafics ou violences sont au chômage. D’ailleurs, les statistiques montrent que, en France, les chiffres de la délinquance sont étroitement liés aux chiffres du chômage et au taux de pauvreté, et en aucun cas à l’origine ethnique des individus.

Augmentation du stress des salariés en poste. Le chômage de masse est une menace qui pèse tous les salariés, notamment sur ceux qui occupent une situation précaire. Une frange de la population (des économistes, des journalistes, des dirigeants d’entreprises et surtout… des politiques) exploite la peur du chômage pour progressivement supprimer les acquis sociaux conquis après-guerre et durant les Trente glorieuses. Aujourd’hui, du fait de la déréglementation du marché du travail à l’œuvre depuis trente ans, aucun salarié ne se sent à l’abri d’un licencie­ment provoqué par une délocalisation ou par les exigences des actionnaires, ce qui entretient un climat d’insécurité. La peur du chômage provoque un comportement de soumission qui inhibe la mobilisation qui permettrait de lutter contre cette dégradation des conditions de travail, dégradation qui entraîne l’augmentation des maladies psychosomatiques et de la consommation d’antidépresseurs, processus qui contribue à creuser le déficit de la caisse d’assurance maladie.

Montée de partis politiques extrémistes. L’insécurité, la précarité, la perte de repères et la souffrance liée soit au chômage soit à la peur du chômage menacent le processus démocratique. En effet, les populations les plus fragiles et précaires (CDD, intérimaires, chômeurs) sont enclins à voter pour des partis extrémistes et peu démocratiques, dont les leaders tiennent des discours antisystème à l’emporte-pièce et font des amalgames faciles sans jamais proposer de mesures concrètes visant à lutter contre le chômage et la précarité.

Notre système de protection sociale, fragilisé par le chômage de masse et l’individualisation de la société alors qu’il est fondé sur l’acquisition de droits exclusivement au travers de l’emploi ne parvient plus qu’à répondre tant bien que mal aux nécessités les plus aiguës, pendant qu’une partie croissante de la population se retrouve en situation de pauvreté. Ce système, constitué de la sécurité sociale, de l’assurance chômage, de la retraite complémentaire, des complémentaires santé, du revenu de solidarité active, et dont les grands principes fondateurs ont été élaborés principalement au cours des Trente glorieuses, fait l’objet depuis les années 70 d’attaques régulières de la part des gouvernements et de syndicats acquis au néolibéralisme, syndicats tant patronaux que salariés. Il y a donc urgence à continuer ce qui avait été entrepris par le Conseil Nationale de la Résistance au sortir de la seconde guerre mondiale et l’adapter à la société d’aujourd’hui.

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A voir également, en complément d’information, une vidéo explicitant simplement le principe de la caisse de solidarité inter-entreprise.

 

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